( RECONSIDÉRER)
Ce mot francais très peu employé entre le 16 ème siècles et le 20 ème (CNRTL)
Pourtant il est d`une valeur inestimable dans une traduction !
Et aussi c`est synonyme; Réétudier,Réexaminer,Revoir, Remettre en cause.
Pourtant il est d`une valeur inestimable dans une traduction !
Et aussi c`est synonyme; Réétudier,Réexaminer,Revoir, Remettre en cause.
En phrase; reconsidérer une démarche,une loi, une affaire, une position, un problème, un projet,,,
Considérer de nouveau, revenir sur quelque chose, notamment à la suite de faits nouveaux, en vue de modifier son comportement, ses décisions, ses idées.
(Queneau Pierrot 1942 p.192) Les théories sur l`art amèneront les peintres à reconsidérer ce que leur suggérait leur imagination à s`aveugler sur elle et à la dénaturer en l`adoptant aux exigences des doctrines en cours. (Huyghe Dialg. avec visible 1955.p.312)
(RÉSIGNATION)
B. −
1. Résignation à
a) [Corresp. à résigner B 1 a] Action de se résigner; résultat de cette action. Synon. consentement, soumission.Il faut être préparé à tout, par une parfaite résignation à la volonté divine (Lamennais,Lettres Cottu,1818, p. 9).[Les moralistes, les philosophes] n'ont recommandé aux hommes que la résignation à la destinée (Delacroix, Journal,1847, p. 189).
b) [Corresp. à résigner B 1 b] Action de se résigner; résultat de cette action.
− Résignation à + subst.Il
n'y a pas de résignation au mal, il n'y a pas de résignation au
mensonge, il n'y a qu'une seule chose à faire à l'égard de ce qui est
mauvais, et c'est de le détruire! (Claudel,Père humil.,1920, I, 3, p. 507).
− Résignation à + inf.Il
avait trouvé, depuis son entrée au collège, tant de dureté, et tant de
cruauté même, que cette marque de tendresse (...) abolit tout son
courage, toute sa farouche résignation à souffrir (Larbaud,F. Marquez,1911, p. 83).
− Vieilli. Résignation de + subst.La
résignation qui nous est la plus difficile est celle de notre
ignorance. Pourquoi nous résignons-nous à tout, excepté à ignorer les
mystères de l'Éternité? (Vigny, Journal poète, 1832, p. 967).
2. [Sans compl.; corresp. à résigner B 2] Attitude d'une personne qui accepte, sans se révolter, une chose pénible, désagréable qu'elle juge inévitable. Synon. acceptation, soumission.Alors que partout on ne parlait que de résignation et de soumission, ils avaient trouvé [les étudiants alsaciens] un chef militaire (...) qui au lendemain même de la défaite parlait de se battre et croyait à la victoire (Le Monde,19 janv. 1950, p. 9, col. 4).Il y avait de la mélancolie dans sa résignation: la silencieuse blessure que je devinai en lui le dota d'un nouveau prestige (Beauvoir,Mém. j. fille,1958, p. 73).
− Dans le domaine relig.Accepter
sa démolition graduelle, sa limitation fatale, demande de la vraie
force d'âme, bien plus que je n'en ai, ou du moins de la résignation
religieuse (Amiel, Journal,1866, p. 430).La
résignation chrétienne est sincèrement considérée et blâmée par
beaucoup d'honnêtes gens comme un des éléments les plus dangereusement
assoupissants de l'« opium religieux » (Teilhard de Ch., Milieu divin,1955, p. 97).
− [En parlant du comportement d'une pers., de sa manière d'être, etc.] Qui révèle cette attitude. Sourire, geste de résignation. L'homme poussa un soupir de résignation (Romains,Hommes bonne vol.,1932, p. 94).
Prononc. et Orth.: [ʀeziɳasjɔ
̃]. Ac. 1694, 1718: re-; dep. 1740: ré-. Étymol. et Hist. A. 1265-70 [ms. fin xiiies.] resination « action de se démettre d'une fonction, d'un mandat, d'un office » (Statuts de l'hôtel-Dieu de Vernon ds L. Le Grand, Statuts d'hôtels-Dieu, Paris, 1901, p. 153); 1518 faire résignation a (ds Mém. Soc. hist. Paris, XIV, 18 ds Gdf. Compl.). B. 1. 1656 resignation de soi-même « renoncement à soi-même » (Corneille, Imitation, III ds
Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 8, p. 448); 2. 1671 résignation à la volonté de Dieu (Pomey); 3. av. 1704 « acceptation stoïque de ce qu'on ne peut empêcher » (Fléchier ds Trév.: Dieu éprouva sa résignation par de longues infirmitez). A empr. au lat. médiév. resignatio « action de céder (un bénéfice, un office) » (1180 ds Latham). Les sens B, formés d'apr. résigner* B. Fréq. abs. littér.: 1 140. Fréq. rel. littér.: xixes.: 1 823, b) 1 436; xxes.: a) 1 873, b) 1 395
La voix
qui crie dans le désert

Pour l'amour de
la vérité
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HISTOIRE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
PRIMITIVE
- SUCCESSION APOSTOLIQUE -
par Richard Bennett
réédité avec des italiques par Jean
leDuc
![]()
Note LeVigilant.com: Nous reproduisons ce document sur la
succession apostolique à cause de son anticatholicisme très apprécié, et cela ne
nous met
aucunement mal à l'aise comme c'est le cas de plusieurs prétendus
chrétiens qui sont trop lâches pour le faire ou qui craignent
offenser les ennemis de la vérité. Nous sommes profondément conscients qu'il
n'y a aucun vrais chrétiens dans l'église Catholique, tout comme
dans le protestantisme et le mouvement Évangélique moderne. Vrai
qu'il s'y trouve des gens très pieux et dévoués, mais il y a de tels
gens aussi dans toutes les religions dites chrétiennes et
non-chrétiennes comme dans le Vaudouisme et l'Islam, cela n'est
aucune preuve d'un christianisme authentique. Nous ne négligeons
point en cela que le Seigneur notre Dieu à ses élus à tous les
niveaux de la société, mais en aucune façon un élu va demeurer dans
de tels mouvements lorsque l'Esprit de Christ le réveille à la
vérité, il va en sortir et les condamnés ouvertement. Nous ne sommes
peut-être plus au temps où l'inquisition papale brûlait
les hérétiques, mais les mêmes techniques demeurent au sein
de cette prétendue église, elles ont
simplement été changées et sont devenues plus subtiles et plus
raffinées. Cet article critique valeureusement en ne
ménageant pas les choses prétendument "sacrées" pour plusieurs: le Pape, les
reliques, la transsubstantiation, etc. L'auteur, Richard Bennett, est un
ancien prêtre courageux et il ne mâche pas ses mots en dévoilant la
corruption et l'hypocrisie d'un faux christianisme, tout comme il
doit se faire concernant tous les évangéliques réprouvés qui
déforment la vérité avec leur faux évangile du libre-choix,
transformant ainsi la justification par la foi en une justification
par le choix d'une décision personnelle envers Christ. Toutefois
Richard Bennet manque de précision à plusieurs niveaux et nous avons
réédité son document pour combler ces lacunes afin de donner un
aperçu historique plus précis. Au delà de ces
points cet article pose le problème de la définition de l'Église
catholique et apostolique. Il apporte à ce niveau des éléments qui
nous semblent intéressants.
***
Lors de la visite du Pape aux USA du 15 au 20 avril 2008, on
rappelait souvent sa qualité supposée de « successeur de Saint
Pierre ». Les catholiques sont tenus de croire qu’il y a continuité
historique entre l’Église primitive et l’Église de Rome: ils
présupposent donc en général que l’histoire confirme cette
continuité. Il est regrettable que si peu de chrétiens bibliques
aient réellement examiné cette question. Aussi cette étude sur
l’Église primitive authentique est-elle, à notre avis, l’une des
plus importantes que nous ayons jamais publiées. Pour nous, la
vérité vient de Dieu seul et n’a de force qu’en lui. Puisse-t-il
utiliser ces pages pour abattre cette forteresse érigée de main
d’homme, à savoir la doctrine romaine de la « succession apostolique
», et la version révisionniste de l’histoire par laquelle la papauté
étaye cette doctrine. « Car les armes avec lesquelles nous
combattons ne sont pas charnelles; mais elles sont puissantes, par
la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses » (2 Corinthiens
10:4).
Nous espérons que vous étudierez attentivement l’article
ci-dessous et que vous aurez à cœur de porter cette question dans
la prière. Nous vous serions très reconnaissants de faire connaître
cette étude autour de vous, et de l’afficher si possible sur un site
Internet.
Dans la confiance en la grâce du Seigneur et en sa force
toute-puissante,
Richard Bennett
Du 15 au 20 avril 2008, le pape Benoît XVI visita
les États-Unis et les Nations Unies en tant que pape de l’Église
catholique romaine et principal représentant du Saint-Siège. Le
Président des USA l’accueillit par ces mots: « C’est votre premier
voyage aux États-Unis depuis que vous êtes monté sur le trône de
Saint Pierre » (1). Le titre et le trône du pape Benoît XVI
procèdent du dogme de la succession apostolique.
Les membres de l’Église catholique romaine sont « tenus de
professer » qu’il y a continuité entre l’Église primitive et
l’Église catholique romaine telle que la définit le dogme papal de
la succession apostolique (2), ils ignorent, tout comme les
évangéliques, qu'il y a continuité dans la postérité du serpent
(Genèse 3:15). On apprend aux catholiques romains à
ne jamais remettre en cause cette doctrine. C’est précisément sur
elle que s’appuie le pape actuel, lorsqu’il déclare que «les
Communautés chrétiennes nées de la Réforme protestante du seizième
siècle ne peuvent être appelées « Églises » au sens propre, car
elles « n’ont pas la succession apostolique dans le sacrement de
l’ordre. Il leur manque dès lors un élément essentiel constitutif de
l’Église » (3).
Cette déclaration du pape est intervenue au moment où beaucoup se
laissent séduire par le « dialogue » et par les autres procédés
qu’utilise l’Église catholique romaine. Le Président des États-Unis
déclara, par exemple : « Par-dessus tout, Saint Père, vous trouverez
aux États-Unis un peuple dont le cœur est ouvert à votre message
d’espérance. L’Amérique et le monde ont besoin de ce message » (4).
Or ce message s’est avéré creux: l’Évangile de la grâce brillait
par son absence, et le pape a même prié pour les morts en visitant
l’emplacement de l’ancien World Trade Center. « O Dieu d’amour, de
compassion et de guérison, a-t-il dit, regarde-nous, nous qui venons
de bien des traditions et de bien des fois différentes, et qui
sommes réunis là où survinrent des violences et des douleurs sans
nom. Nous prions que dans ta bonté tu accordes la lumière éternelle
et la paix à tous ceux qui sont morts ici… » (5).
Ces paroles véhiculant un enseignement foncièrement anti-biblique
émanent de l’homme qui se veut le chef de l’Église véritable de
Jésus-Christ. En célébrant là une messe, ce qui est un acte
hérétique et blasphématoire, il confirma son opposition à la Réforme protestante et à
son authentique héritage biblique, d’où surgirent, au seizième
siècle, des églises véritables. Nous allons exposer ci-dessous la
conception néotestamentaire de l’église, et fournir des données
historiques prouvant qu’entre le temps des apôtres et celui de la
Réforme, il a bel et bien existé des églises bibliques.
Selon la Bible Jésus-Christ fonda son église
sur le message de l’Évangile proclamant qu’il est le Christ (l’Oint,
le Messie, l'Élu) et le Fils du Dieu Vivant (Matthieu 16:16-17). Quand le
Seigneur eut été glorifié, le Saint-Esprit remplit de sa puissance
tous les croyants réunis à Jérusalem, pour qu’ils annoncent
l’Évangile de par le monde, ce qui est un fait accomplit (Romains
10:18). Le Nouveau Testament nous apprend que la
première église fut établie à Jérusalem, point de départ de tous
ceux qui s’en allèrent proclamer l’Évangile. Ils constituaient
«
l’Église de Jérusalem; et tous, excepté les apôtres, se
dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie » (Actes
8:1). Nous savons par le Nouveau Testament que des églises locales
furent également fondées en Judée, en Samarie, à Rome et
dans la région piémontaise de l'Itala (contrée Italique
de l'ancienne nation Romaine connue de nos
jours sous le nom de l'Italie). La
tradition ajoute que des églises furent fondées très tôt à Marseille
et à Lyon vers l'an 35 de notre ère, puis en Espagne et en Grande
Bretagne (Angleterre). L’Évangile
atteignit ensuite la Chypre et Antioche. Quand les chrétiens de
Jérusalem apprirent que les habitants d’Antioche avaient reçu
l’Évangile, ils leur envoyèrent Barnabas, qui alla chercher Paul à
Tarse. Paul et Barnabas passèrent toute une année à Antioche,
enseignant l’Évangile de la grâce, le salut par la foi seule dans le
Christ Jésus seul. Là, pour la première fois, ceux qui croyaient
l’Évangile furent appelés « chrétiens » ou plus précisément «
christiens », car ils étaient des disciples de Christ et non de
Chret, le menteur et l'imposteur (du grec Kres, un Crétois, un
habitant de l'île de Crète, terme qui signifie littéralement «un
menteur et un imposteur»: Tite 1:12). Dans toutes ces églises,
l’apôtre Paul établissait des ministères intérimaires d'anciens (6) et des diacres. La
fonction de ces derniers ne constituait cependant pas l’essence même
de l’église: leur rôle était d’enseigner, de gouverner, et de veiller
à ce que tout se déroule en bon ordre dans l’assemblée. Quoi qu’en
dise le pape, le principe unificateur de l’assemblée des croyants
n’est pas la structure du groupe, mais l’Évangile, et quoi qu'en
disent les évangéliques, il ne s'agit pas de l'évangile du
libre-choix qui élève la dignité humaine en glorifiant ses efforts,
mais de l'Évangile de la Souveraineté de Dieu qui abaisse l'homme
dans la poussière de l'humilité et de la repentance.
Le terme grec ek-klesia est un mot
composé qui signifie littéralement: « ceux qui ont
été appelés au-dehors » et qui désigne proprement ceux qui sont «
appelés à renaître » selon le décret d'élection, c'est à dire
«l'appel irrésistible de la grâce envers les élus seul» et non
envers tous les hommes. Dans le Nouveau Testament, il s’applique à
tous les croyants bibliques de l’ère présente, à tous ceux dont
Christ affirme: « Je bâtirai mon église » (Matthieu 16:18) ou
selon une traduction littérale du même passage:
«Et moi, je te dis aussi à toi qui es Pierre, que
sur le rocher de cette révélation j'établirai mon appel à
renaître, et les portes de la dissimulation ne résisteront
point contre elle». Sous
l’inspiration du Saint-Esprit, l’apôtre Paul définit l’Église comme
le corps de Christ en Éphésiens 1:22-23. Le plus souvent, ce terme
est utilisé dans un contexte moderne pour désigner une assemblée chrétienne locale,
mais cela n'est pas en accord avec les Saintes-Écritures où il est
utilisé pour désigner «un état d'être» spirituel et non une
organisation locale, nationale, ou universelle qui répond aux
caprices des hommes qui déforment la vérité avec des conjectures
sophistiquées. L'Église a toujours été le sacerdoce spirituel de
tous les croyants (1 Pierre 2:4-10), le terme n'a jamais désigné une
organisation quelconque sauf par ceux qui désirent le monopole de la
foi et des consciences. Le message central des
Épîtres du Nouveau Testament est l’Évangile de la grâce par la foi
seule, tel que le décrit par exemple l’Épître aux Éphésiens:
« Car
c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et
cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par
les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2:8,9).
Quand l’apôtre parle de « l’Église de Dieu », par exemple dans 1
Corinthiens 10:32 « Ne soyez en scandale ni aux Grecs, ni aux
Juifs, ni à l’Église de Dieu », il désigne l'appel irrésistible
de la grâce envers les élus dans la collectivité des
chrétiens pour les distinguer des Juifs comme des non Juifs. L’apôtre
désigne constamment les croyants ordinaires par le terme « Église »,
c'est à dire « les appelés à renaître »:
« À l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été
sanctifiés en Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1:2), ou comme il est
dit dans une traduction plus précise: «Aux convoqués à renaître
de Dieu qui sont à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en
Jésus-Christ, qui sont appelés saints, et à tous ceux qui
invoquent, en quelque lieu que ce soit, le nom de notre Seigneur
Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre. Que la grâce et la paix
vous soient données de Dieu, notre Père et Seigneur, JÉSUS LE
MESSIE! » (1 Corinthiens 1:2,3) « Lorsque cette
lettre aura été lue chez vous, faites en sorte qu’elle soit aussi
lue dans l’Église des Laodicéens » (Colossiens 4 :16) ou encore
«
Et après que cette lettre aura été lue
parmi vous, faites en sorte qu'elle soit lue aussi parmi les
convoqués à renaître Laodicéens et que vous lisiez aussi celle de
Laodicée. » L’Église est
simplement l'appel irrésistible de la grâce envers les élus dans
une communauté spécifique de croyants, car tous les
croyants ne sont pas des élus, tout comme l'apôtre Paul dit:
«car tous ceux qui descendent d'Israël, ne sont pas Israël »
(Romains 9:6). Tous les messages donnés par
le Seigneur à l’apôtre Jean s’adressaient également à des appelés
à renaître (églises) dans une localité spécifique (Voir Apocalypse 1:11),
il ne s'agissait pas d'organisation mais d'individuels qui
recevaient la grâce du salut par la proclamation de la Parole de
Dieu de la part de messagers qui voyageaient dans ces régions.
L’Évangile de la Souveraineté de
Dieu ou de la Royauté actuelle de Christ était le facteur d’unité des
appelés à renaître dans les localités
primitives. Ils croyaient et enseignaient l’Évangile de la grâce
inconditionnelle de Dieu envers ses élus. Cet Évangile
authentique était pour eux « la puissance de Dieu pour
le salut de chacun qui croit » (Romains 1:16), « et
tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle, crurent. »
(Actes 13:48), car il leur a été gratuitement donné de croire en
Christ (Philippiens 1:29). La foi seule, en
accord avec la Bible, est un don de Dieu à ses élus, le moyen par lequel le croyant reçoit
selon le décret d'élection le
salut que le Christ Jésus a acquis par sa vie exemplaire et par son
sacrifice parfait comme notre substitut. En d'autres mots,
la foi n'est pas une faculté intellectuelle du choix de l'homme, car
cette faculté de choisir en chacun de nous est esclave de la chair
et du péché et ne peut en aucune façon contribuer à la grâce du
salut et de la sanctification.
Le Vatican exige que les
catholiques professent qu’il y a continuité historique entre
l’Église fondée par le Seigneur Jésus-Christ et l’Église catholique
romaine. Pour nous prononcer sur la validité de cette croyance,
n’oublions pas que dans un contexte catholique romain, le mot «
Église » a un sens tout autre que dans le Nouveau Testament. C’est
vrai, le Magistère catholique appelle l’Église « Peuple de Dieu », «
Corps de Christ », et « Temple du Saint-Esprit »; mais il met
invariablement l’accent principal sur l’autorité et la mission du
système organisé qui a pour chef le Pape, tout comme le font les
évangéliques avec leurs pasteurs qui sont des petits papes. Voici l’enseignement de
Rome: « Le Christ est Lui-même la source du ministère dans
l’Église. Il l’a instituée, lui a donné autorité et mission,
orientation et finalité » (7) Le système catholique romain définit
clairement les fonctions de cette structure de pouvoir: « Il n’y a
aucune faute, si grave soit-elle, que la Sainte Église ne puisse
remettre » (8). « Les prêtres ont reçu un pouvoir que Dieu n’a donné
ni aux anges ni aux archanges… Dieu sanctionne là-haut tout ce que
les prêtres font ici-bas » (9). « ‘Croire’ est un acte ecclésial. La
foi de l’Église précède, engendre, porte et nourrit notre foi.
L’Église est la mère de tous les croyants. Nul ne peut avoir Dieu
pour Père qui n’a pas l’Église pour mère » (10). Le prétendu pouvoir
absolu du système hiérarchique papal contredit sur toute la ligne la
conception néo-testamentaire de l’Église, « l'appel à renaître de
ceux qui sont donné de croire, et non l’assemblée de ceux qui
croient » comme elle est désignée par les Évangéliques. La papauté,
tout comme les pasteurs, est insatiablement assoiffée de pouvoir, au
point de revendiquer pour elle-même la puissance qui n’appartient
qu’au Saint-Esprit. Toutefois le Magistère romain lui enseigne officiellement
ce que les pasteurs évangéliques ne font pas: «
Le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire
du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier,
suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer » (11).
Ces enseignements-là reflètent-t-ils une continuité avec la doctrine
biblique et les pratiques de l’Église primitive véritable ?
Évidemment que non!
Les premiers chrétiens étaient
attachés aux Écritures: ils y voyaient la Parole divine, la vérité
absolue. Dès le début de l’ère post-apostolique, les prétendus
« Pères de
l’Église » tels qu’Ignace d’Antioche, Polycarpe, Clément de Rome, apparemment s’appuyèrent exclusivement sur la Bible pour enseigner la
saine doctrine et pour réfuter les hérésies. La Bible, l’Ancien et
le Nouveau Testament, était supposément la seule autorité à laquelle ces hommes se
réfèrent dans leurs écrits, mais nous savons qu'ils s'appuyèrent
souvent sur la philosophie païenne comme celle du Platonisme. De même, les œuvres d’apologètes comme
Justin Martyr et Athénagoras font supposément appel aux Écritures
exclusivement, lorsque nous savons que la majorité de ces hommes
étaient tous des faux chrétiens qui étaient souvent en désaccord
l'un avec l'autre.
On veut nous faire croire qu'aucune de ces œuvres n’accorde d’autorité à une tradition extra
biblique, comme s’il pouvait y avoir là une deuxième source de
révélation, lorsque nous savons le contraire et qu'ils se
référaient souvent à des écrits apocryphes, philosophiques, et
gnostiques. Au cours de la seconde moitié du deuxième siècle, les
écrits d’Irénée et de Tertullien évoquent pour la première fois
l’idée d’une tradition apostolique transmise oralement au sein de
l’Église. Mais Irénée et Tertullien affirment également avec
toute la force
de la séduction que tout l’enseignement oral dispensé par les évêques était
supposément tiré de
la Bible, et pouvait être prouvé par le moyen de celle-ci. On ne
peut évoquer comme preuves d'un christianisme authentique les écrits
des prétendus «pères de l'Église», car s'ils sont «pères» ils le
sont plutôt d'une duplicité inouïe. En plus, la falsification des
documents fut d'ailleurs un des moyens utilisé par la Papauté pour
maintenir le monde dans les ténèbres. James Townley (Illustrations
of Biblical Literature, Vol. 1, 1842) nous rapporte qu'au 16"
siècle, "il y avait dans la librairie du Vatican, certains hommes
engagés à transcrire les actes du Concile et à copier les œuvres des
Pères apostoliques. Ces hommes occupés au travail de transcrire des
livres, imitent les lettres des anciennes copies aussi près que
possible, et ajoutent, enlèvent, modifient et changent les mots,
selon le bon plaisir de leur seigneur le Pape; afin que dans
quelques années, leurs documents forgés des anciens écrits soient
reconnus pour de très anciens manuscrits, séduisant le monde par un
aspect d'antiquité. Ainsi fut apporté contre Rome la condamnation de
corrompre les écrits anciens, sacrés et ecclésiastiques". Ainsi le
protestantisme, ancien comme moderne, tomba dans le piège de cette
falsification de documents forgés sur les prétendus «Pères de
l'Église». Que pouvons-nous nous attendre d'autre d'une fausse
église que d'une fausse représentation de la vérité, et tout le
christianisme contrefait avala le chameau. Toutefois cela ne
signifie pas qu'il n'y avait aucun vrai chrétien parmi ces gens au
début des premiers siècles. Il faut comprendre que les
Saintes-Écritures n'étaient pas disponible à tous comme elles le
sont de nos jours, il était encore plus facile de se faire duper par
toutes sortes de prétentions subtiles, même que les gens étaient
grandement superstitieux et croyaient en toutes sortes de fables
habilement conçues par des dirigeants spirituels qui détenaient une
certaine autorité sur la foi et la conscience des crédules qu'ils
manipulaient à leur guise. «Il n'y a rien de nouveau sous le soleil»
nous dit l'Ecclésiaste (Ecc. 1:9).
Polycarpe de
Smyrne (né en 69) mourut martyr vers 155. Il témoigne en ces termes
de son salut par la foi en Jésus-Christ: « Le Seigneur
Jésus-Christ… en qui vous croyez… sachant que vous êtes sauvés par
la grâce, et non par les œuvres, mais par la volonté de Dieu en
Jésus-Christ. » (12). Remarquez bien qu'il est facile de citer
les Écritures sans avoir une foi réelle, on le voit trop souvent de
nos jours parmi les Évangéliques. On ne doute pas de certains des
témoignages que nous voyons ici, mais il faut être prudent et se
méfier car la majorité de ces hommes n'étaient pas des vrais
chrétiens. Clément de Rome, qui mourut vers l’an 100, se
dit justifié par la foi: « Nous donc aussi, qui avons été appelés
par la volonté [de Dieu] dans le Christ Jésus, nous ne sommes pas
justifiés par nous-mêmes, ni par notre propre sagesse, si par notre
connaissance ou notre piété ou nos propres œuvres… mais par la foi.
» (13). Justin Martyr, philosophe et faux chrétien, aussi (100-165 environ) professe que par la
foi, il est rendu juste devant Dieu. « Ce n’est pas à cause de la
circoncision que Dieu atteste de la justice d’Abraham, mais à cause
de sa foi. Car avant qu’il fût circoncis, il est écrit de lui: «
Abraham crut en Dieu, et cela lui fut imputé à justice » (14).
Justin Martyr, comme plusieurs autres, avait une bonne connaissance
des Saintes-Écritures, mais la connaissance ne peut être considérée
comme la foi réelle. Plusieurs faux prophètes, anciens comme
modernes détiennent aussi une telle connaissance.
(Saint) Irénée, qui mourut vers 190 ou peut-être même en 202,
explique clairement l’Évangile d’après le chapitre 3 de l’Épître aux
Romains: « Quand le Christ vint, il accomplit toutes choses; dans
l’Église il continue d’accomplir la Nouvelle Alliance qui avait été
annoncée sous la Loi, et il l’amène à la perfection. De même
l’apôtre Paul déclare dans l’Épître aux Romains:
« Mais maintenant,
sans la loi, la justice de Dieu est manifestée, selon le témoignage
de la Loi et des prophètes: car le juste vivra par la foi. Mais les
Prophètes avaient annoncé que le juste vivra par la foi » (15). Vers
la fin du second siècle et au début du troisième, un contemporain de
Justin et d’Irénée témoigne clairement de l’Évangile de la grâce par
ces mots: « Abraham ne fut pas justifié par les œuvres, mais par la
foi. Quand l’homme parvient au terme de sa vie, à moins qu’il ne
soit dans la foi, il ne lui sert à rien d’avoir accompli de bonnes
œuvres » (16).
Au quatrième siècle, l'hérésiarque
Athanase, qui détenait un grand nombre de fausses doctrines,
semble témoigner clairement de
la grâce et de la rédemption: « Ce n’est pas ainsi, mais c’est par
la foi que l’homme est justifié, comme le fut Abraham. Ayant traité
de ces points, l’apôtre répète qu’il n’existe aucun autre moyen
d’être libéré du péché originel qui a contaminé chacun au travers
d’Adam. Ce péché ne peut être effacé que par le Fils de Dieu… Aucun
autre ne peut libérer l’homme de ses transgressions. Car de même que
le péché est entré dans le monde par un seul homme, de même, par un
seul, la grâce nous a été accordée à tous » (17). Mais concernant
Athanase, K.R. Hagenbach, dans son Histoire des Doctrines (History
of Doctrines, 1847), nous dit: "La notion fut avancée par
l'orthodoxe Athanase, que la Vierge avait demeuré libre de la
corruption générale, et que seulement elle, qui fut élevée au-dessus
de toute l'humanité par une profusion d'adoration, devait partager
le privilège avec son Fils, d'apparaître sans péché sur les pages de
l'histoire. Selon Athanase, considéré le champion de la Foi
Orthodoxe, Marie demeura toujours une vierge par la grâce
perpétuelle, et il la déclara Mère de Dieu". Athanase était
le représentant du parti des "Melchites" d'Alexandrie qui affirmait
y avoir trois personnes dans la Trinité, le Père, la Vierge Marie,
et le Messie leur fils". Ainsi, comme nous voyons, témoigner de la
grâce et de la rédemption avec une connaissance biblique ne signifie
aucunement avoir la vraie foi. Les gens sont séduit trop facilement
par de tels témoignages, ils n'ont aucun discernement de la vérité
et vont croire n'importe quoi qui plait à leur entendement, surtout
si la chose est enrobée de versets bibliques, car ce sont des gens
d'une foi superficielle qui regardent seulement qu'aux apparences.
Au cours
des trois premiers siècles, la foi chrétienne se propagea largement
et rapidement. Conformément à la volonté de la Providence divine,
cette extension est due à la fidélité et au zèle des prédicateurs de
l'Évangile, à la mort héroïque des martyrs, et à la traduction de la
Bible dans les langues connues du monde romain. Déjà l'empereur
Septime Sévère (193-211) fit atrocement souffrir les chrétiens, mais
les pires persécutions survinrent sous le règne de Dioclétien et du
tétrarque Galère entre 303 et 311. Loin d'extirper la foi chrétienne
et l'Évangile, cette persécution servit à purifier les prédicateurs
et à leur ouvrir des portes pour répandre le message de l'Évangile.
Depuis la fin du onzième siècle au moins (18), l’Église catholique
clame haut et fort que les églises anciennes de l’Italie du Nord
(nommé aussi l'Église Italique) étaient tout bonnement des communautés qui s’étaient éloignées de
l’autorité épiscopale de Rome (19). Mais en 1690 l’historien Peter Allix démontra au contraire que ces églises
de communautés locales, fondées au
temps des apôtres, ne furent jamais sous l’autorité de l’évêque de
Rome avant le onzième siècle. Il décrit leur doctrine et leur
pratique: « Elles méritent le qualificatif d’apostoliques, dit-il,
car elles ont accueilli la doctrine des apôtres en s’engageant à la
suite des premiers disciples, et elles ont préservé cet engagement
avec un soin extrême au long des siècles » (20). Pour réfuter les
accusations catholiques romaines contre ces églises, Allix s’appuie
sur leur liturgie et sur les documents témoignant de leur foi et de
leur pratique; ils évoquent constamment leur désaccord grandissant
avec l’évêque de Rome. Allix cite aussi les documents de leurs
accusateurs catholiques, démontrant que les accusations portées
contre ces églises prouvent en réalité que leurs pratiques étaient
bibliques.
Faber relate que vers 406 un certain Vigilantius (ou Vigilance)
de Calagurris, natif d’Aquitaine, publia un traité en réponse aux
écrits par lesquels (saint) Jérôme, qui avait falsifié le texte
du Nouveau Testament de l'ancienne Bible «la Vestus Latina ou encore
Vestus Itala» défendait ses propres écarts par
rapport à la Bible latine dans laquelle il retrancha les lectures
du Texte Reçu Grec de l'Église d'Antioche pour le rendre conforme au
texte corrompu d'Origène d'Alexandrie. Vigilantius « s’oppose à l’idée que le clergé
doit garder le célibat. Il réfute cette autre fiction selon laquelle
les martyrs sont de puissants intercesseurs auprès du trône de la
grâce. Il ridiculise la vénération insensée, quasi idolâtre, dont
certains entourent les reliques des martyrs. Il qualifie de folie la
coutume de faire brûler en plein jour des cierges devant leurs
tombes, et dénonce les prétendus miracles produits par leurs restes
inanimés… Il traite de ‘vanités absurdes’ les pèlerinages à
Jérusalem ou dans quelque autre lieu dit ‘saint’ » (21). Nous ne
possédons plus le traité de Vigilantius; c’est "saint" Jérôme qui
nous livre ces informations en cherchant à réfuter Vigilantius au
cours de ses échanges avec lui (Contra Vigilantum). "Saint" Jérôme,
qui résidait alors à Jérusalem, précise que Vigilantius « vivait
quelque part entre les flots de l’Adriatique et les Alpes Cottiennes
» (22). "Saint" Jérôme ne réussit pas à faire chasser Vigilantius de
cette région où il exerçait les fonctions d’ancien, car l’évêque du
lieu le soutenait. Mais ce qui intéresse le plus Faber, c’est le
point suivant:
« Cette région [où vivait Vigilance] à l’est des Alpes Cottiennes
est précisément celle des Vaudois. Ces derniers soutiennent qu’ils y
habitent au moins depuis le règne du Pape Sylvestre; d’autre part,
on peut déduire des propos de "Saint" Jérôme qu’ils s’y trouvaient
déjà en 406, et même avant… Donc, soixante-dix ans seulement après la mort du Pape Sylvestre,
dans les vallées des Alpes Cottiennes, nous trouvons une église
professant la foi qui correspond exactement aux compte rendus donnés
génération après génération par les Vaudois eux-mêmes. Voilà
justement, dans cette région où les documents nous engagent à la
chercher, une église dont le pasteur, Vigilantius, proteste contre
les superstitions de ses contemporains et s’écarte ouvertement des
opinions professées par les évêques de l’Église romaine corrompue… »
(23).
L’Église catholique romaine a beau prétendre qu’elle avait établi
son hégémonie sur cette région, les échanges entre "Saint" Jérôme et
Vigilantius témoignent du contraire. D’autre part, en 555 le Pape
Pélage 1er se plaint de ce que « les évêques de Milan ne viennent
pas à Rome pour recevoir l’ordination », selon « une ancienne
coutume qui leur est propre » (24). Allix ajoute la remarque
suivante: « En l’an 590, neuf évêques d’Italie et des Grisons
déclarèrent ne pas être en communion avec le Pape et le qualifièrent
d’hérétique… ils protestèrent [auprès de l’Empereur] qu’ils étaient
dans l’impossibilité de communier avec le Pape Grégoire 1er » (25).
Documents à l’appui, Allix fait ressortir que même au neuvième
siècle les églises du nord de l’Italie n’étaient toujours pas sous
le joug de l’autorité papale. Elles résistèrent jusqu’après la mort
de Claude, évêque de Turin. Jusque vers le milieu du neuvième
siècle, Claude de Turin défendit vaillamment son diocèse contre
Rome, tout en répandant inlassablement l’Évangile et les Écritures
par ses prédications et par ses écrits. Wylie confirme que c’est
seulement vers le milieu du onzième siècle que les églises des
plaines du nord de l’Italie passèrent sous l’autorité papale
après de grandes persécutions. Même
alors, ces églises des vallées des Alpes Cottiennes restèrent
fidèles à la Bible dans leur foi et dans leur pratique. Les gens de
cette région portent le nom de Vaudois, c'est-à-dire de « peuple des
vallées » (26).
![]()
La Noble Leçon des Vaudois
Le poème vaudois « La Noble Leçon » date de l’an 1100. La date de
sa rédaction (« mille et cent ans ») fait partie intégrante du corps
du texte au sixième vers. Faber démontre que ce poème est rédigé
dans une langue « dérivée directement du bas latin, aucune autre
langue n’ayant servi de transition ». C’est bien la langue des
Vaudois qui s’étaient réfugiés dans les vallées des Alpes Cottiennes
au second, au troisième, et au quatrième siècle. Cette « Noble Leçon
» rédigée par eux montre incontestablement que leur langue n’avait
pratiquement pas changé au long de ces siècles où ils restèrent
cachés dans leurs vallées. Cette Confession de Foi sous une forme
poétique servait à enseigner à leurs enfants « la foi transmise aux
saints une fois pour toutes ». Nous avons donc plusieurs pièces à
conviction: la correspondance de "Saint" Jérôme avec Vigilance en
406, les écrits de l’évêque Claude de Turin au début du neuvième
siècle, « La Noble Leçon » de 1100, et d’autres documents
antérieurs, réunis par Samuel Morland en 1655. Les Vaudois, peuple
des vallées, furent effectivement gardés par Dieu et forment une
lignée ininterrompue professant la foi apostolique depuis les
premiers siècles jusqu’à la Réforme protestante.
On dit parfois que les Vaudois tiennent leur nom de Pierre Valdo
(ou Valdès) de Lyon, dont ils seraient les disciples. La politique
de l’Église catholique a toujours été de dissimuler les origines des
églises anciennes « des vallées ». Elle soutient que ces communautés
eurent pour fondateur Pierre Valdo et que loin de constituer
l’Église véritable, elles étaient hérétiques. Mais des faits
historiques indiscutables prouvent que la version révisionniste des
papes est aussi fausse aujourd’hui que par le passé. Un élément
déterminant est le fait que Pierre Valdo ne se manifesta qu’en 1160
alors que « La Noble Leçon » date de l’an 1100. En 1690, Peter Allix
écrit: « Il n’est pas vrai que [Pierre] Valdo ait donné son nom aux
habitants des vallées, car on les appelait ‘Vallenses’ ou ‘Vaudès’
bien avant qu’il n’existât, à cause des vallées où demeuraient ces
gens. Ébrardus de Béthune écrit en 1212 qu’ils se donnaient le nom
de Vallenses… ‘parce qu’ils habitaient la vallée des larmes’. Ils
doivent donc leur nom à leur lieu d’habitation, c'est-à-dire aux
vallées piémontaises, et non au patronyme de Pierre Valdo » (27).
Heureusement nous avons pu retracer
l'origine des Vaudois grâce au texte latin de leur version de la
Bible, à la Bible elle-même dans les versions modernes que nous
avons de nos jours, et à différents anciens textes historiques. Nous
savons que TERTULLIEN était en possession d'au moins deux versions
latines du Nouveau Testament. A l'époque de Saint-CYPRIEN
pratiquement la totalité des livres de la Bible étaient traduit en
latin. Grâce aux écrits de NOVATIEN, nous savons qu'à Rome, vers la
même époque que l'église de Rome disposait d'une version latine de
l'Écriture. Ces premières versions sont toutes antérieures à la
révision du texte latin des Écritures entreprise et réalisée par Saint-JÉRÔME qui en falsifia le contenu. Les versions latines préhieronymiennes sont appelées VESTUS LATINA ou encore VESTUS ITALA
pour «Version en ancien Latin ou Version en ancien Italien», et
cette dernière désignation de «ITALA» ou «ITALIQUE» en terme moderne
nous aide à retracer son origine. En fait cette ancienne version
pose certains problèmes quant aux auteurs, aux lieux d'origine, aux
dates, aux transmissions, aux influences qui ne sont pas encore
complètement résolus par les professionnels qui analysent les
anciens manuscrits. L'importance des vieilles latines comme témoins
du Texte Original des apôtres et des premiers disciples de Christ
tient d'abord à leur ancienneté (certaines datent de la seconde
moitié du deuxième siècle) puis au caractère de la traduction
(fidélité au Texte Original), et aussi au fait que ces versions
représentent le texte dit «occidental» qui, au deuxième et troisième
siècle, était répandu un peu partout, tant en Orient qu'en Occident.
A cet époque, l'ITALA n'était qu'un
petit territoire situé à Calabre d'où plusieurs partirent pour le nord-ouest de l'Italie moderne qui a pour
nom le Piémont et dont le centre est Turin. Tout comme Calabre ce
territoire devint connu aussi sous le nom de ITALA à cause des
immigrés qui s'y installèrent, et ce fut
que beaucoup plus tard que le nom fut adopté pour désigner le pays
de l'ancienne Rome au complet. L'histoire nous indique qu'il y avait
clairement des rapports étroits entre Calabre et la région du
Piémont. Ce qui nous aide à retracer et à
confirmer l'ancienneté des Vaudois et ce que plusieurs n'ont pas
encore pleinement réalisé, est que le territoire de l'ITALA ou terre
ITALIQUE est mentionné à deux reprises dans le Nouveau Testament. Le
Livre des Actes des Apôtres mentionne un nommé Corneille qui
provenait de cette région ainsi que plusieurs soldats de sa légion
ou Cohorte: « Il y avait à Césarée un homme, nommé Corneille,
centurion de la cohorte appelée Italique (du nord de l’Italie). »
(Actes 10:1) Ces hommes étaient assemblés dans la maison de
Corneille (v.27) lorsque l'apôtre Pierre s'y rendit sous la
direction du Saint-Esprit pour leur annoncer le message de la grâce
du salut en Jésus-Christ et ils furent tous baptisés de l'Esprit.
Inévitablement, plusieurs de ces hommes, et possiblement Corneille
lui-même, retournèrent dans leur pays natal du territoire de l'ITALA
avec le message de l'Évangile et fondèrent l'Église Italique. En
fait, le Nouveau Testament nous indique même que l'Épître aux
Hébreux fut rédigé dans cette région (Hébreux 13:24) lors d'une
visite de l'apôtre Paul et de son équipe, et envoyé par messagers
aux églises de la Judée. C'est la raison principale pourquoi cette
lettre se nomme «l'Épître aux Hébreux». Certains pensent que
l'apôtre Paul se rendit dans le territoire de l'ITALA lorsqu'il fut
relâché de sa prison dans la ville de Rome et cela est fort
probable. Nous savons d'ailleurs qu'il avait le désir de ce rendre
en Espagne (Romains 15:24,28), et qu'il y avait une voie romaine qui
passa à travers cette région en direction de l'Espagne qui fut
construite par l'armée romaine lors de ses guerres avec la Gaule et
la Grande-Bretagne, ce qui nous indique que l'Épître aux Romains
leur fut probablement adressé (Romains 1:7,15), car le nom de Rome à
cette époque ne désignait pas seulement la ville elle-même, mais le
pays au complet, ce que la majorité des exégètes et des théologiens
ont manqué de réaliser. Considérant tous ces faits, il est hors de
tout doute que l'Église Italique était l'Église mère de l'Église
Vaudoise primitive qui traduisit en vieux latin vers l'an 160 les
Textes Originaux de l'Église d'Antioche.
Par leurs écrits comme par leurs actes, les Vaudois donnent le
témoignage d’une vie soumise à l’autorité de la Bible (28). Leur
principe premier, mis en pratique au jour le jour, se résume ainsi:
« Nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5:29).
Leur second principe distinctif est l’autorité accordée à la Bible,
que le peuple connaissait dans sa langue maternelle. Certains
Vaudois étaient capables de réciter toute la Bible par cœur. Leur
troisième principe était l’importance qu’ils accordaient à la
prédication: chez eux tout croyant fidèle avait le droit de
prêcher, c'est à dire de proclamer le message de la grâce sous la
direction de l'Esprit à ceux qui avaient été désignés pour
l'entendre. À ces principes fondamentaux, enracinés dans le Sermon sur
la Montagne, les Vaudois ajoutaient le refus des serments, le rejet
de la doctrine du purgatoire et des prières pour les défunts. Après
la mort, disaient-ils, il n’y a que deux possibilités: soit le
ciel, soit l’enfer. Au cours de ces siècles enténébrés, cette foi
vaudoise pré-réformée toucha de nombreuses âmes. Pour évangéliser
l’Europe ils envoyaient constamment des missionnaires qui exerçaient
en général la profession de marchands. Ces derniers attirèrent des
convertis issus de tous les milieux et ils souffrirent affreusement
pour leur foi.
Il est donc historiquement prouvé que ces églises du nord de
l’Italie étaient les églises véritables: elles restèrent fidèles à
la Bible depuis leur fondation au premier, au deuxième, au troisième, et au
quatrième siècle, jusqu’à la Réforme. Toutefois il ne faut pas
comprendre les églises Vaudoises dans le sens des fausses églises
modernes avec leurs cultes et leurs règlementations. Elles étaient
plutôt des communautés qui se rencontrèrent dans des maisons, dans
des champs, et dans des cavernes dans les Alpes où ils partageaient
ensemble le pain de vie qu'est la Parole de Dieu. Le formalisme
entra parmi eux seulement après le temps de la Réforme et de là ils
prostituèrent leur foi en adoptant celle des Évangéliques modernes.
Toutefois certains demeurèrent purs, mais regrettablement la
majorité des vaudois modernes tombèrent dans l'apostasie. Ils ont pu
résister à de nombreuses persécutions et d'horribles massacres, mais ne purent
résister à la séduction de la fausse doctrine du libre-choix que les
Jésuites infiltrèrent parmi eux pour finalement détruire leur
témoignage de la vérité. Les Évangéliques modernes subirent la même
séduction au point même qu'ils s'opposent avec véhémence à la vérité
de la Souveraineté de Dieu dans le salut par la grâce et la
sanctification, nous indiquant que tous les Évangélique modernes sont des
agents de Rome, qu'ils en soient conscient ou non, ils sont devenus
des pantins qui proclament la doctrine des Jésuites du libre-choix
et le pire est que la majorité n'en sont pas conscient. Du temps
qu'ils perdent à s'attaquer à l'idolâtrie de Rome, ils ne réalisent
pas qu'ils soutiennent sa doctrine de base. Rome a finalement conquit tous ses ennemis, cette
ruse du Vatican réussit mieux que toutes les persécutions et les
massacres qu'il livra contre tous les vrais enfants de Dieu. De toute évidence c’est
l’Église papale qui est schismatique et hérétique, et elle
le reste et récoltera son juste salaire au temps désigné. Cela fait au moins neuf siècles qu’elle cherche à effacer
les traces de ces anciennes églises bibliques de l’Italie du Nord et
de la France méridionale, d’abord par une sorte de « nettoyage
ethnique » au moyen des Croisades et de six siècles d’Inquisition,
et aussi par la destruction et la falsification des documents historiques les
concernant, et par le révisionnisme historique. A ce jour, par la
providence de Dieu, la Rome papale n’a pas réussi à effacer ces
traces.
D’origine
apostolique, les églises pauliciennes furent implantées en Arménie
dès le premier siècle. « C’est vraisemblablement à partir d’Antioche
et de Palmyre que la foi s’est répandue en Mésopotamie et en Perse.
De là, on a dû l’apporter dans le massif du Taurus et jusqu’à
l’Ararat. C’était la foi chrétienne sous sa forme primitive. Les
églises du Taurus jouèrent le rôle d’un immense réservoir qui
recueillit la foi paulicienne et la préserva pendant des siècles, à
l’écart du courant majoritaire » (29). Le premier centre chrétien
arménien se trouvait à Taron, foyer et base arrière des Pauliciens.
Ils affirmaient qu’ils tenaient leur foi des apôtres. À ce propos
Adeney affirme: « Il est parfaitement logique de voir en eux les
survivants de la foi chrétienne originelle… Ils sont les
chrétiens orientaux d’autrefois, à bien des égards protestants avant le
protestantisme » (30).
Au huitième siècle, sous l’effet des persécutions, les pauliciens
se répandirent vers l’ouest en passant par la Bulgarie et par les
rivages du nord de la Méditerranée, jusqu’aux Pyrénées. Ils furent
nombreux à s’installer en France méridionale, où on les appela «
Albigeois ». Partout où ils passèrent ils fondèrent des
communautés qui
persévéraient dans l’enseignement et dans la mise en pratique de la
Bible (31). Ils ne reconnaissaient pas les adeptes des autres
dénominations comme étant des leurs. « Nous ne sommes pas unis à
eux, disaient-ils. Il y a longtemps qu’ils ont rompu avec l’église
et qu’ils en sont exclus » (32).
(Saint) Patrick
était arrivé en Irlande en 405. Lui et ses compagnons y prêchèrent
l’Évangile dans toute sa pureté, et six siècles de fécondité
spirituelle s’ensuivirent. De nombreux missionnaires marchèrent sur
les traces de Saint Patrick, par exemple Colomba, Colomban, Kilian
et Forannan. Ces derniers apportèrent un Évangile tout aussi pur en
Grande-Bretagne, en Allemagne, en France, en Suisse, en Italie et
au-delà, au moins jusqu’au dixième siècle. Dès le onzième siècle et
peut-être même avant, les Vaudois envoyèrent leurs missionnaires,
appelés « barbes », un peu partout en Europe. Leur Évangile était
identique à celui des missionnaires irlandais. En 1209, la papauté
lança sa première croisade contre les chrétiens bibliques de
l’Europe, d’abord contre les Albigeois du sud de la France. Ceux qui
purent s’enfuir apportèrent l’Évangile là où ils furent disséminés.
Vers 1332, le Pape Jean XXII envoya ses inquisiteurs en pays
vaudois, pour appliquer à ces chrétiens bibliques les lois
inquisitoriales. Dès lors, les Vaudois se dispersèrent en France,
aux Pays Bas, en Allemagne, en Pologne, en Bohême, en Moravie, en
Angleterre, en Calabre, à Naples et au-delà. Eux aussi apportèrent
l’Évangile partout sur leur passage (33).
On reconnaît l’Église
authentique du Seigneur Jésus-Christ à deux signes: elle ne
reconnaît que l’autorité de la Bible, et elle annonce l’Évangile
véritable de la Souveraineté de Dieu. Nous venons de montrer, documents à l’appui, que l’Église
véritable du Seigneur Jésus-Christ était présente dans bien des pays
avant la Réforme protestante du seizième siècle. Au fil des âges,
ces chrétiens se sont répandus à partir de Jérusalem jusque dans les
vallées italiennes du Piémont, en France, en Espagne, en Écosse, en
Irlande, en Angleterre, et dans toute l’Europe. Nous avons démontré
l’existence de peuples qui honoraient la foi véritable et
transmettaient la vérité des Écritures.
L’indiscutable authenticité des faits historiques concernant
l’Église véritable (l’Église de la grâce de Dieu dans la doctrine et
dans la pratique de l'application de la foi en Christ pour toutes
choses) réduit à néant les affirmations papales sur une
continuité historique supposée, sur une « succession apostolique »
entre les premiers chrétiens et l’église de Rome. Au contraire,
c’est l’Église catholique qui s’avère schismatique par rapport à
l’Église du Seigneur Jésus-Christ.
L’église véritable d’avant la Réforme l’a constaté, comme l’ont
fait plus tard les Réformateurs protestants: le système papal, avec
son culte Solaire du dieu Mithra sous déguisement chrétien, ses blasphèmes contre l’œuvre rédemptrice du Seigneur Jésus-Christ,
avec son idolâtrie, son Inquisition, son dieu galette que tous
les papistes mangent lors du sacrilège de la Messe, son culte
à la déesse babylonienne de la Madone ou Ishtar, et sa prétendue « succession
apostolique » ou postérité du serpent, tout cela évoque la « femme assise sur une bête
écarlate » (34). Cette même femme est « ivre du sang des saints et
des témoins de Jésus » (Apocalypse 17:6), tout comme la Jérusalem
antique le fut. De nos jours elle continue
de traiter les âmes humaines comme une marchandise, tout en
prétendant « dialoguer » avec les chrétiens véritables comme « entre
frères et sœurs en Christ » lorsqu'elle complote à leur perte.
Mais ceux qui sont avisés comprennent que l’affection pour la
papauté est dangereuse. Ils se souviennent de la parole: « la terre
entière suivit la bête » (Apocalypse 13:3). Ils constatent que lors
des funérailles de Jean-Paul II et de la visite de Benoît XVI aux
États-Unis, ces deux papes furent entourés de tant d’égards et de
vénération, que cela revenait en fait à leur rendre un culte.
Tout comme les premiers chrétiens, nous devons lutter. Le
Seigneur est avec nous, et c’est à nous qu’appartiendra l’ultime
victoire. Le Saint-Esprit nous commande de « tenir ferme après avoir
tout surmonté… Tenez donc ferme » (Éphésiens 6:12,14). La
certitude de connaître le Seigneur et d’être à lui par la
révélation qu'il nous accorde, voilà ce qui
doit nous affermir dans l’effort et dans nos luttes. La grâce
glorieuse, gratuitement offerte dans l’Évangile selon l’Écriture
seule, voilà l’héritage que nous lègue l’Église primitive. Cette
gloire continue de s’offrir à tous ceux qui sont au Seigneur.
***
Notes
Richard Bennett, Association “Berean Beacon”,
http://bereanbeacon.org
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